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L’histoire de l’art s’enchaîne, avec la précision d’une horloge dont personne ne peut se flatter d’en connaître le mécanisme. Après la guerre, les « Affichistes » ouvrent les portes vers des réalités soupçonnées cependant inexplorées : «Ce dont je suis content, c’est d’avoir appris par le poète Georges Rodenbah qu’une certaine modernité poétique est née des affiches, que la typographie des affiches a été un élément d’inspiration pour Mallarmé pour « un coup de dé ». Auparavant je savais qu’elle avait été un élément essentiel de la création du collage cubiste de George Braque. » Écrit Jacques Villeglé un de pionnier de ce mouvement artistique français.
Collées sur les murs de la ville, dans le métro, les affiches sont à la portée des passants anonymes qui, poussés par des convictions idéologiques ou personnelles réagissant spontanément, intempestivement, les déchirant, posant leur empreinte avec une phrase, un dessin, une signature. Les artistes s’en emparent car il y a de tout dans ses affiches lacérées par les passants : couleurs, typographies, effacements, images politique, baisers, fétiches, les figures cultes du cinéma et du monde, du rêve et des utopies exposées à la vue de tous.

CB exploite à son tour le filon de cette imagerie prolifique. Selon le philosophe allemand Walter Benjamin, l’idée de la première affiche lithographie vient d’un écrivain. Pour la publicité de son célèbre livre, La Dame en Blanc, Wilkie Collins colle sur les murs de Londres en 1861 l’image noir et blanc d’une femme drapée vue de dos.
Comme les Nouveaux Réalistes, CB est sensible au murmure des murs des villes décorées de légendes. Pour elle aussi, voir c’est créer.

Elle matérialise son regard en lacérant, prélevant, collant des images choisies collectées à Rome, Naples, Copenhague, Marseille, en banlieue et à Paris. Elle admire Mimmo Rotella qui à l’époque de la première vague des « affichistes » concentre ses rapts autour des affiches de cinéma.
Nostalgique, elle les cherche aussi dans les salles de vente. Les affiches anciennes portent leur beauté dans leurs couleurs caduques et leurs typographies désuètes. Les noms et les visages des vieilles idoles qu’elles évoquent restent les icônes du mystère de la culture populaire.

La société actuelle se mire dans des couleurs et des utopies nouvelles. Elle réajuste à sa façon les trésors qu’elle chasse : Elle les imprime en les modifiant, en les dessinant, en les interprétant, leur donnant une nouvelle matérialité, une autre épaisseur de la forme et du contenu.

Elle les embrume avec ses aérosols, les précise à travers des lettres clairement signifiées. Les fragments de mots qu’elle retouche, qu’elle donne à voir.

Une brune aux cheveux longs s’interroge sur le passage de la vie rappelant les pochoirs de Miss-Tic. La figure de Woody Allen croquée, suggérée sur un fond jaune qui par effet de transparence laisse apparaître des mots.
Témoin de son temps, CB s’entraîne à débusquer « la quotidienneté de l’utopie. »
Une jeune femme tatouée s’enfonçant par immersion doucement, recroquevillée sur elle- même, comme pour se protéger.


Ileana Cornea, Critique d'Art, Paris- Février 2014